L’Entre-deux-Mers reste un secteur favorable au développement de l’éolien. Mais le projet mené depuis cinq ans par la société Abo Wind a été rejeté par la population.

Si la réunion publique a réuni jeudi soir 150 personnes, seuls les Blasimonais présents (86) étaient invités à exprimer leur avis lors d’un vote à bulletins secrets.

Si la réunion publique a réuni jeudi soir 150 personnes, seuls les Blasimonais présents (86) étaient invités à exprimer leur avis lors d’un vote à bulletins secrets. (photo o. e.)

S’il n’est pas clos, le dossier d’implantation d’éoliennes dans l’Entre-deux-Mers subit un net coup d’arrêt. Après une nouvelle réunion publique sur le sujet, jeudi soir, la population de Blasimon a été consultée. Avec 53 contre, 29 pour, trois blancs et un nul, celle-ci a fait le choix de rejeter le projet porté sur la commune par la société Abo Wind. Le maire Daniel Barbe s’est publiquement engagé à ce que le Conseil municipal prenne prochainement une délibération actant cette décision.

La société Abo Wind mène depuis cinq ans un projet d’implantation dans l’Entre-deux-Mers de cinq éoliennes pouvant produire chacune 2 à 2,5 Mégawatts. L’installation d’un mât de mesure à Mourens et des études de préfaisabilité confortées par les conclusions du schéma régional éolien avaient permis de cerner à Blasimon deux sites potentiels, celui de Beaulieu et celui de la forêt de Rauzan. Selon Benoît Clouet, chef de projets, Abo Wind, qui prône « l’éolien citoyen », respectera la décision des Blasimonais.

Pourtant, rien ne l’y oblige depuis le vote de la loi Brottes en mars dernier. Ce texte a notamment supprimé la création préalable d’une zone de développement éolien. Désormais, l’implantation d’une éolienne repose uniquement sur l’accord du propriétaire et la validation du permis de construire par le préfet. « Une autre société peut donc venir et mener son projet sans demander notre avis », prévient Daniel Barbe.

Opposition des chasseurs

Le maire de Blasimon rappelle également que le site de Beaulieu concerne aussi la commune voisine de Sauveterre-de-Guyenne, dont le Conseil municipal a pris une délibération actant la poursuite des études de faisabilité. « Mais la partie située sur Sauveterre n’est pas assez grande pour accueillir cinq éoliennes », regrette Yves d’Amécourt.

Le maire de Sauveterre préside la Communauté de communes du Sauveterrois, qui mène une politique volontariste en matière de développement durable. Son vice-président Henri Honegger a d’ailleurs défendu jeudi soir la transition énergétique, lors d’une réunion qui a permis l’expression des différents points de vue. Principaux opposants, les chasseurs s’appuient sur l’impact des éoliennes sur les courants migratoires. Leur refus tient du principe de précaution, aucune étude n’étant disponible à ce jour. L’Association de défense de l’environnement de l’Entre-deux-Mers a rappelé qu’elle était opposée au projet sur le site de la forêt de Rauzan, mais qu’elle était favorable à la poursuite d’études sur Beaulieu. Parmi ses arguments, Abo Wind a souligné, en vain, que deux éoliennes pouvaient rapporter 35 000 euros par an aux finances publiques locales.