Médoc culturel préside la programmation de la Maison des associations, faisant du lieu, un incontournable pour les amateurs d'art.

La Maison des associations a franchi un cap le week-end dernier. Elle sera désormais un lieu de rendez-vous privilégié pour tous les amateurs d'art, de littérature, de danse et de musique. C'est en tout cas, ce que souhaite Médoc culturel, l'association qui en gère désormais la programmation (lire par ailleurs).

L'initiative revient, entre autres, à Gérald Tron, galeriste connu à Lesparre, qui a fondé l'association. L'un de ses objectifs est de « promouvoir les artistes de métier ou amateurs ». Il s'agira aussi de metter sur le devant de la scène les activités culturelles et artistiques du Médoc, via multiples manifestations.

La promesse du sous-préfet

L es portes de la Maison des associations se sont ouvertes samedi dernier sur « Collages, pastels et peintures », exposition inaugurale de l'artiste Édith Bruic (1). Tout ce que le Médoc compte de beau monde était au vernissage, dont la députée Pascale Got et Jean-Jacques Corsan, maire de Saint-Germain et conseiller régional.

Présent également Olivier Delcayrou. Le sous-préfet de Lesparre a souligné « l'importance des asso- ciations culturelles qui ont une dimension sociale très importante sur le territoire ». « La culture, a-t-il souligné, n'est pas un luxe, et est indispensable ». Le sous-préfet a annoncé qu'il devait prochainement essayer d'organiser un rendez-vous entre l'association et la Direction régionale des affaires culturelles (Drac) pour que la structure entre dans le réseau culture départemental et régional. La structure pourrait, à ce titre, être éligible à des subventions. Si la promesse doit être tenue, il faudra faire vite, puisqu'Olivier Delcayrou a annoncé son départ pour Carcassonne.

édith Bruic, artiste médocaine

Revenons-en au premier événement présenté par Médoc culturel : une exposition d'édith Bruic, dont le travail est présenté jusqu'au 16 février. L'artiste est d'origine bordelaise et peint depuis son enfance. Elle a suivi une formation en art plastique à Bordeaux où elle a pratiqué la peinture corporelle avec des danseuses, travaillé le trompe-l'œil et le décor mural. Depuis un an, elle s'est établie dans le Médoc, pays d'origine de ses parents. « J'ai toujours aimé cette région aux multiples paysages. L'estuaire en particulier est porteur, notamment pour la création. Les lieux où j'ai vécu doivent être absolument présents dans mon travail ».

La peintre a commencé à travailler avec des pigments naturels travaillés à l'ancienne. Dans « Collages, pastels et peintures », le visiteur pourra découvrir des tableaux faits à partir de cette technique, telle « La Folie », une œuvre réalisée en hommage à Camille Claudel. Petit à petit, Edith Bruic a exploré l'usage de matériau naturel, en utilisant la terre, les ossements. Dans le Médoc, elle s'emploie à valoriser l'huître et tout ce que l'on trouve au bord de la mer.

Un travail sur la mémoire

Un autre aspect de son œuvre est surprenant. Elle travaille beaucoup avec des déchets qu'elle recycle, comme les épluchures de fruits ou légumes. Elle a réfléchi à une technique qui en stoppe la maturation.

Depuis une dizaine d'années, elle travaille également sur l'idée de la trace, de la mémoire. Elle prélève des empreintes directement dans l'environnement par la méthode de frottage., technique inventée par l'artiste surréaliste Max Ernst : « Il est toujours intéressant qu'un artiste contemporain associe à sa démarche le passé, pour le refaire, mais à sa manière. » Elle colle la trace sur un support pour ensuite la retravailler et lui donner une autre forme suivant sa propre interprétation.

Les titres de ses œuvres sont importants. Ils indiquent parfois clairement un lieu, mais peuvent être aussi rédigés sous forme d'anagramme. Une exposition originale, à ne pas manquer.

(1) « Collages, pastels et peintures », exposition à voir jusqu'au 16 février à la Maison des associations, 3, place du 19-Mars-1963 à Saint-Germain-d'Esteuil.