ENVIRONNEMENT. Le décret officialisant la création de la réserve a été signé le 15 décembre

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Dans les prochaines semaines, le préfet nommera l'Office national des forêts (ONF) gestionnaire de la réserve, avec pour première mission de rédiger un plan de gestion. (photo j. L.)

Le décret portant la création de la réserve naturelle nationale des dunes et marais d'Hourtin a été signé par François Fillon, le Premier ministre, mardi 15 décembre. Le projet avait été initié en 2003 dans le cadre d'un contrat de plan entre l'état et l'Office National des Forêts (ONF). Avec la réserve de l'étang du Cousseau située à Lacanau, ce nouveau décret permet aujourd'hui au Médoc de compter sur son territoire deux réserves naturelles. C'est aussi la 6e réserve créée en Gironde.

Au sud de la station balnéaire

Le périmètre de la réserve d'Hourtin s'étend sur une superficie de 2150 hectares, et touche la commune de Naujac-sur-Mer.

Le vaste rectangle englobe toute la partie de la forêt dunaire située au sud de la station balnéaire hourtinaise, avec 3,6 km de plages, de dunes non boisées, sans oublier les rives ouest du lac, localisées au sud de la presqu'île de Piqueyrot. Plus au nord, derrière la lagune de Contaut, qui est aussi intégrée dans les limites de la réserve, c'est tout le secteur des zones humides qui entre dans le projet.

L'ensemble des terrains qui constituent la nouvelle réserve sont de la forêt domaniale, des parcelles appartenant au Domaine public maritime. Elle comprend aussi des terrains de la commune et du Conseil général. Et quelques parcelles privées.

La réserve rassemble donc « les milieux caractéristiques composant le littoral aquitain ». C'est-à-dire la plage, la forêt, le cordon dunaire. Une zone qui va de l'océan aux lacs arrière-dunaires. À l'origine, c'est cet « échantillon » si riche et particulier à la région qui a motivé le projet.

La création de la réserve a fait l'objet de réunions de concertation avec les utilisateurs du milieu et les élus. Une enquête publique a été réalisée. Au mois de juin dernier (« Sud Ouest » du 10 juin), Fabrice Sin, le chef de projet ONF précisait « qu'il n'était pas question de sanctuariser un secteur », mais plutôt « de valoriser et de faire connaître un milieu avec toute sa biodiversité ». Cependant, l'ingénieur précisait que « la fréquentation serait réglementée » et le public « orienté sur des sentiers et des itinéraires ».

Selon Olivier Delcayrou, le sous-préfet, « les activités traditionnelles pourront se poursuivre sous certaines conditions ». Le représentant de l'État s'est aussi voulu rassurant sur le fait que « l'on ne met pas un périmètre sous cloche ».