Energie éolienne: mensonges et marketing


mercredi 02 décembre 2009 07:03

Electricité "verte" pour McDo, Espagne marchant à l'éolien, subventions aux kWh : les anti-éoliens s'irritent des campagnes en faveur de l'énergie du vent.

 

Jean-Louis Butré est l'auteur du livre
 L'Imposture - pourquoi l'éolien est un danger pour la France, préfacé par Valéry Giscard d'Estaing, aux Editions du Toucan

A l’approche de Copenhague, on assiste à une communication tous azimuts des partisans de l’éolien, destinée à influencer le gouvernement. Greenpeace, la Fédération France Nature Environnement d’Arnaud Gossement, le syndicat des énergies renouvelables : c’est une opération massive, fondée sur le marketing et le mensonge, pour cacher le problème incontournable de l’éolien, qui est sa pauvre productivité.

Prenons le cas de l’annonce par McDonalds, le distributeur de hamburgers, de son passage à l’électricité verte produite par des 150 petits producteurs d’électricité éolienne et hydraulique. C’est purement du marketing pour faire plus vert que vert. Une éolienne, c’est une centrale électrique, qui débite son électricité sur le réseau, au milieu de toutes les autres sources. En très petites quantités d’ailleurs: toutes les éoliennes françaises n’assurent qu’un pour cent de l’électricité nationale. Le système des certificats verts mis en place par Green Acess et sur lequel s’appuie McDo pour affirmer qu’il marche désormais à l’ »électricité verte »n’est qu’un système virtuel (voir la note d’explication) qui ne change pas cette réalité de fond.

Prenons le cas de l'annonce fracassante sur l'éolien espagnol qui aurait assuré plus de 50% de l'électricité du pays. C'est un mensonge extraordinaire. Oui, certes... pendant quelques minutes en raison d'une vague de vent particulièrement soutenue, mais ce n'est qu'un feu de paille. Ce qu'il faut voir, c'est la véritable contribution moyenne sur 365 jours, et plus particulièrement lors des périodes de forte consommation. En Allemagne, où est le plus grand parc mondial, l'électricité éolienne n'atteint que 7% de la production nationale.

On nous explique partout que l’éolien se régule. Mais c’est la centrale à gaz qui assure la régulation. D’ailleurs EDF construit 4000 MW de centrales thermiques, avec toutes leurs émissions de gaz à effet de serre, soit l’équivalent de ce que le Grenelle prévoit pour l’éolien. Et EDF a publié une luxueuse brochure très explicite : «le thermique à flamme, un atout essentiel dans le parc de production pour répondre en temps réel aux pointes de consommation d’électricité ».

GDF, qui détient 50% de la  Cie du Vent, n'est d'ailleurs pas en reste dans ce discours à double face...On lira avec intérêt l'argumentaire de GDF-SUEZ (GRT) présenté lors du Débat Public en cours pour justifier la  Construction  du gazoduc de  "l'Arc de Dierrey" dans l'Oise.  " les énergies renouvelables par nature intermittentes demandent  des compléments pour lesquels les centrales à gaz naturel constituent une bonne solution grâce à leur souplesse d'utilisation et environnemental".

GDF-SUEZ dissipe aussi les illusions sur l'Espagne en soulignant qu'elle construit discrètement des centrales à gaz : "L'Espagne où la part des énergies renouvelables (prés de 30% de la 
production d'électricité en 2008 (selon Red Electrica de Espagna) est parmi les plus importantes de l'Europe mise fortement sur la production d'électricité à partir de gaz naturel (déjà 54 groupes sont en service pour une puissance de 21.600 Mégawatts d'autre sont à l'étude l'objectif est de 
disposer de 31200 Mégawatts ".

Malgré cette campagne, cela commence à coincer pour l’éolien. Au niveau des députés et sénateurs, et aussi au niveau des grands services de l’Etat. Pour les pro-éoliens, M. Arnaud Gossement déplore une « résistance provenant du cœur de l’Etat ». C’est bien du mépris pour ces milliers d’ingénieurs, de hauts fonctionnaires, d’administrateurs civils, de préfets qui commencent à douter de la grande propagande médiatique.

Dans le discours gouvernemental, quand on parle du plan français de développement énergétique, on met en avant les énergies renouvelables que sont le solaire, la biomasse, l’éolien off-shore. On ne parle plus guère de l’éolien terrestre. Sur ce point, soyons clairs : le long des rivages, c’est de l’éolien terrestre. Une éolienne se voit à plusieurs dizaines de kilomètres. Mais si on parle de l’éolien en très haute mer, là où il y a réellement du vent, pourquoi pas ? Notre mouvement ne va pas monter au créneau contre cet éolien off-shore, sauf si des éléments nouveaux apparaissaient. Reste à voir s’il y a une vrai logique économique, compte tenu de son coût.